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25 novembre 2019

L’interview de Sophie Blitman

Sophie Blitman

Installée depuis 18 mois à Stockholm, Sophie Blitman est autrice et journaliste. Elle a dernièrement publié Bob Marley en BD (collaboration aux éditions Petit à petit) et deux documentaires jeunesse : Le Super livre de mes 10 ans (éd. Deux Coqs d´or) et Mission Volcans: le docu dont tu es le héros (éd. Fleurus). Nous l’avons rencontrée autour d’un café à Fridhemsplan pour échanger sur son parcours et son métier.

Tu as écrit de nombreux livres pour enfants et adultes après avoir été journaliste et prof, comment es-tu arrivée à ce travail d’autrice ?

J’ai fait des études de lettres sans savoir précisément ce que je voulais faire. Je suis devenue prof de français dans un lycée mais avant d’enseigner, j’avais fait des stages dans le domaine de la communication et dans un journal. Cet univers m’attirait et j’ai donc continué à écrire des articles en free-lance. J’ai exercé ces deux métiers pendant quelques années avant de devenir journaliste au magazine L’Etudiant puis je suis redevenue journaliste indépendante par choix car j’avais envie de faire autre chose : j’aimais raconter des histoires et le travail d’autrice me plaisait car je pouvais à la fois écrire et transmettre des connaissances. 

J’ai alors eu l’opportunité d’être mise en relation avec une éditrice qui, après des essais, m’a signé un contrat pour écrire un livre sur les inventeurs. Cette première collaboration a débouché sur de nouvelles commandes et des propositions de ma part. C’est ainsi que j’ai publié des livres sur les femmes, le pôle Nord ou les volcans. 

Comment travailles-tu ? Qu’est ce qui a changé depuis que tu vis à Stockholm ?

D’une manière générale, je me concentre sur les textes : je n’ai connaissance des illustrations ou de la maquette qu’à la fin. Si la dimension graphique est extrêmement importante dans les livres pour enfants, ils demandent également, peut-être plus que pour ceux destinés aux adultes, d’être écrits de manière dynamique pour capter l’attention des lecteurs. Je fais aussi attention à créer des histoires non genrées, ce qui implique parfois de jongler avec la langue française. Pour Le Super livre de mes 10 ans, j’ai proposé de suivre un garçon et une fille au fil des pages afin n’exclure aucun sexe. J’ai aussi glissé dans ce livre quelques clins d’œil à ma vie ici, en sélectionnant une recette de cuisine suédoise et, en conseil lecture, les histoires de Fifi Brindacier.

Sur le fond, j’ai un peu changé ma façon de travailler à Stockholm : je ne cherche pas les informations de la même manière, je fréquente moins les bibliothèques mais je compense en interviewant des spécialistes des sujets que je traite.

A Paris, je travaillais dans un espace de coworking assez grand qui me permettait d’avoir un lieu de travail, de faire des rencontres et de débuter des collaborations. A Stockholm, j’ai également trouvé un espace, plus petit, mais j’apprécie d’être en ville et d’échanger avec des Suédois.

Qu’est ce qui te plait dans ce métier ?

Sa créativité, sa diversité et son utilité. J’aime imaginer des aventures et surtout transmettre des connaissances de façon ludique. Par ailleurs, je suis d’une nature curieuse aussi y a-t-il très peu de sujets qui ne m’intéressent pas.

Quels conseils pour un apprenti écrivain ? Peut-on vivre de sa plume ?

Difficile de donner des conseils, si ce n’est de se lancer si l’on en a envie ! Aujourd’hui, je gagne ma vie avec mes deux métiers d’autrice et de journaliste parce que je travaille toujours sur plusieurs projets en parallèle. Je dirais qu’il faut à la fois être organisée et laisser aller son imagination. Et aussi oser démarcher des éditeurs pour proposer des projets.

par Séverine Feuermann

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