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29 juillet 2019

Snus, l’art de fumer sans fumée

Snus

Dans la queue d’un supermarché, vous est-il arrivé de vous demander, ce que contient cette boîte ronde que la caissière tend au jeune homme devant vous ?

C’est du snus, une addiction bien suédoise qui se présente soit sous la forme de petits sachets de papier poreux contenant de la poudre de tabac séché et réhydraté, soit en vrac. Le tabac est placé entre la gencive et la lèvre supérieure pour sécréter sa substance.

Le snus apparaît pour la première fois en Suède dans les archives en 1637. Le tabac est alors cultivé dans 70 villes du pays et il devient très abordable pour les couches les plus populaires de la société. Après la première guerre mondiale la consommation diminue, remplacée par l’usage du cigare puis de la cigarette. Vers la fin des années 60, les boîtes de snus désormais rondes et métalliques et non plus carrées en carton ciré, regagnent un intérêt auprès des consommateurs échaudés par les informations négatives concernant l’impact de la cigarette sur leur santé.

Depuis, le succès des petits sachets ne se dément pas et explose même dans les années 2000, sans doute propulsé par l’interdiction de la cigarette dans les lieux publics. Aujourd’hui le snus a acquis une image branchée, il est encensé par des personnalités tels que Avicii, célèbre DJ ou Benny Andersson, ancien membre du groupe ABBA. Il compte un million de consommateurs en Suède.

Malgré cela, il est établi que le snus n’est pas moins nocif pour la santé que ne le sont les cigarettes, il s’attaque juste à d’autres organes. Il contient autant de substances toxiques dont la nicotine ; elles ne sont certes pas inhalées donc n’atteignent pas les poumons ni les voies respiratoires, mais provoquent autant de maladies cardiaques et surtout des cancers de la bouche et du pancréas.

Mais les Suédois n’en démordent pas, ils veulent continuer à “snusser” et cela jusqu’à faire introduire une clause d’exception autorisant la consommation et vente du snus en Suède alors qu’elle est interdite dans toute l’Union européenne depuis 1992.

Depuis, la législation du snus au sein de l’Union est régulièrement débattue. Jusqu’à provoquer la démission du commissaire européen à la Santé en 2012 due à une sombre histoire de trafic d’influence. Cette affaire révèle en tout cas que les pro et anti snus n’ont pas dit leur dernier mot.

Pour en savoir plus :
Musée du snus et des allumettes à Skansen

par Lorna Gauthier-Villars

Article publié dans la gazette 107

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